qui je suis
et ce que je fais

dans la vie de tous les jours, j’habite un endroit plutôt retranché de ce monde.

le matin, je me réveille sur fond de nouvelles toutes fraîches à la radio, assaisonnées des commentaires dans les journaux accompagnant mon petit déjeuner tranquille.

la chaîne de radio “Klara” me tient au courant de l’actualité culturelle et des écoutes fascinantes qu’elle me présentera encore au cours de la journée.

ce rituel quotidien est un choix délibéré. celui de ne pas me laisser submerger par le torrent d’événements graves, voire de malheurs qui composent le menu de ce que nous appelons communément “la réalité quotidienne”.
je la connais, cette réalité, mais je refuse de me résigner à l’idée que, dans cet univers, la beauté serait morte. cette beauté, je vais à sa recherche, consciemment.

quand je ferme la porte de mon atelier derrière moi, j’en exclus tous les malheurs, et mon univers n’est plus
que ce carré d’espace retranché, cette bulle de peinture et de papier où il fait si bon passer mes journées:
odeur acrylique ou encrée pénétrant mes narines, crayons et craies multipliant leurs teintes noires, pinceaux nourris de patience, texture et couleurs si diversifiées de ces feuilles de papier à la cuve, toiles et attributs qui tentent, çà et là, de capter la lumière...
un univers fait d’émerveillement renouvelé continûment et d’admiration émue devant la présence tranquille et généreuse de ces êtres humains qui sont mes modèles.
ils m’exhibent leur beauté, m’offrant par ce geste même infiniment plus de richesses...

mon choix, c’est de ne pas gâcher le temps qui me reste ni à l’amertume des nouvelles, ni à une résistance, dont je ressens le ralentissement, face aux péripéties de ce monde qui nous surpassent quand même.
réveiller la conscience du monde, je laisse cette besogne à ceux qui en sentent la vocation.
mes actes de résistance sont désormais à la fois de ce monde et célestes, à la fois palpablement concrets et sublimants... ils proposent une expérience profonde de beauté dans un mouvement coagulant en image, dans une lumière visualisant une chaleur souscutanée, dans les lignes concentrées d’une esquisse créant la dynamique sur laquelle vogue une vie intrigante...

ma crainte, c’est que l’art ne sauvera pas ce monde.
mon espoir, c’est que l’art pourra nous, vous cher lecteur et moi, sauver de ce monde, l’espace d’un instant.

georges

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